Bienvenue

A la manière des cadavres-exquis, tout en usant de règles adaptées à notre convenance, nous tentons d'écrire ici une histoire à la fois anonyme et multi-voix.

Impossible de vous en faire un résumé, et pour cause...

... nous même ne savons pas tout ceci va nous mener !

Affichage des articles dont le libellé est Yo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Yo. Afficher tous les articles
5 commentaires jeudi 16 août 2007

Ils entrèrent dans l'ascenseur. Le gros index de Moustache enfonça le bouton 4. Les portes se refermèrent instantanément. Au même moment, la célèbre sonnerie de la cellule anti-terroriste pour laquelle Jack Bauer s'active pendant 24 heures d’affilées retentit. Moustache et sa coéquipière qui répondait au doux nom de Mizka fouillèrent leurs poches respectives à la recherche de leur portable.

- C'est le mien, s'exclama fièrement le rougeaud en décrochant. Allô ! Qui c'est ??
- C'est John à l'appareil, dit la voix avec un fort accent germanique aisément reconnaissable. Alors, vous l'avez neutralisée, espèces d'incapables ?
- Non, pas encore chef, mais ça ne va pas tarder. On est à l'hôpital et on a son numéro de chamb...
- J'm'en fous des détails !! Tout ce qui compte, c'est que vous ne merdiez pas comme ce matin, sinon, vous savez ce qui vous attend !
- Euh...oui, chef, mais ça n'arrivera pas... je vous le promets, bredouilla Moustache.
- Je l'espère bien pour vous...

Sur ces mots, John Keller raccrocha, laissant son interlocuteur interloqué. Sans un mot, Moustache rangea son portable sous l'œil dubitatif de Mizka.

- Plus le droit à l'erreur, ma couille..., se contenta-t-il de dire.

Au regard assassin qu'elle lui jeta et malgré son intelligence particulièrement limitée, il comprit qu'il ne devait plus se laisser aller à de telles vulgarités en sa présence sous peine de perdre ses attributs masculins...

Au troisième étage, les portes de l'ascenseur s'ouvrirent. Une vieille femme soutenant péniblement son bras plâtré et une très jolie rousse qui l’accompagnait y prirent place. Malgré ses résolutions toutes fraîches, Moustache ne pût s'empêcher de saluer la nouvelle entrante (enfin la plus jeune des deux...) d'un sifflement des plus vulgaires s'attirant une nouvelle fois les foudres de sa coéquipière.
L'ascenseur se remit en mouvement et atteignit rapidement le quatrième étage. Moustache et Mizka sortirent laissant les deux femmes à leur conversation inintéressante.

D'après les indications qu'ils avaient obtenues à l'accueil, la chambre 423 se trouvait tout au bout du couloir à droite. Tout naturellement, ils s'y dirigèrent d'un pas décidé avec la ferme intention de réussir leur mission, et ce même s’ils devaient avoir recours aux moyens les plus radicaux...

Dans le couloir, ils croisèrent un brancardier qui brancardait un brancard (étonnant, non ?) amenant probablement son occupant vers sa dernière demeure : la morgue. En effet, un drap blanc immaculé recouvrait totalement le corps qui s'y trouvait.
Ne s’attardant pas sur cette scène classique dans un hôpital, M&Ms, comme John les appelait de temps en temps, poursuivirent leur chemin jusqu’à la porte 423.

Sans hésiter une seconde, Moustache ouvrit la porte et pénétra dans la chambre suivit comme son ombre par Mizka. A leur grand étonnement, personne n’était dans la pièce. Sur le lit, pas de patient(e) ; seuls se trouvaient les électrodes reliées aux appareils mesurant les constantes vitales et les cathéters des poches de perfusion.
Par acquis de conscience, Mizka vérifia la salle de bains sans trop y croire : vide également...

Ils étaient complètement abasourdis : une nouvelle fois, ils avaient échoué. La vengeance de John allait être terrible...

A peu près au même instant, le brancardier sortait tranquillement de l’hôpital. Il poussa le brancard jusqu’à sa décapotable noire, retira le drap laissant ainsi apparaître le corps abîmé mais en vie de Sally, la souleva sans effort apparent et la plaça du mieux qu’il pût sur le siège passager de sa voiture. Il allongea ce siège, attacha Sally puis monta à son tour dans la voiture à la place du conducteur, abandonnant le brancard. Il démarra...
Une fois sorti de l’enceinte de l’hôpital, il brancha son kit mains-libres et composa le seul numéro qu’il connaissait par cœur.

- Allô, Sergueï ?, répondit la voix à l’autre bout du fil.
- Da, c’est moi... Ca y est, j’ai récupéré ta fille, Vladimir. Elle est saine et sauve. Je te la ramène...

12 commentaires mercredi 20 juin 2007

Cela faisait bien 5 ans qu'il n'avait pas profité d'une telle grasse matinée. En fait depuis son embauche en tant que courtier en bourse à la Société Générale...

Son réveil indiquait 14h04. Il était seul dans son lit mais il pouvait entendre l'eau couler dans la salle de bains. Il s'étira. Son corps était courbatu après la « nuit mémorable » qu'il venait de passer.

Hier soir (enfin plutôt tôt ce matin...), il avait raccompagné Steve qui était encore une fois pire que pire. Bien qu'étant son meilleur ami depuis plus de 10 ans, le penchant excessif de Steve pour l'alcool commençait sérieusement à l'agacer.

Malgré tout, cette fois-ci, la corvée de taxi s’était transformée en aubaine. En effet, après avoir bordé son ami, Paul avait regagné sa voiture. Un bel éphèbe prénommé Sergueï, ce qu’il apprît bien plus tard dans la nuit, s’était alors planté devant lui. Après quelques banalités d’usage, Paul avait invité le charmant inconnu à venir boire un verre chez lui. Il se remémorait avec délectation le reste de la nuit lorsque Sergueï sortit de la salle de bains.
« Béni soit cet alcoolo de Steve », murmura Paul en admirant le corps nu du jeune russe. Il se leva d’un bond et alla allumer sa machine Nespresso posée sur le bar.

« Tu voudrais bien me préparer un Ristretto pendant que je me douche ? »
« Da, bien sûr... » répondit Sergueï.

Paul pénétra dans la salle de bains, entra dans la douche, ouvrit le robinet d’eau froide et se plaça sous le jet puissant. Il se savonna énergiquement avec son gel douche mentholé, puis se rinça tout aussi énergiquement. Après s’être séché et habillé, il se rasa consciencieusement et considéra qu’il était enfin prêt à affronter une nouvelle journée.

De retour dans la chambre, Sergueï avait disparu. Il pivota rapidement sur lui-même pour examiner tous les recoins de son petit 2 pièces. Plus de Sergueï...
Une légère déception lui noua la gorge, déception plus sexuelle que sentimentale, s’avoua-t-il immédiatement. Il avait d’ailleurs maintenant l’habitude de ce genre de relations qui ne duraient jamais plus d’une nuit. Il fut malgré tout content de trouver un petit mot sur le bar à côté de son Ristretto fraîchement préparé : « Désolé, mais je dois partir...».

Tout en buvant son café, Paul alluma son téléphone portable et consulta sa messagerie vocale. Mlle Orange lui annonça alors de sa douce voix : « Vous avez un nouveau message. Reçu aujourd’hui à 11h48 » et ce fut Steve qui prit alors la parole. Il paraissait effrayé et parlait extrêmement vite. En substance, il lui demandait de le retrouver à 15 heures à l’endroit où ils avaient l’habitude de sécher les cours de philo.

Malgré l’inquiétude évidente de son ami, il ne put s’empêcher de sourire à l’évocation de leur ancien lieu de pèlerinage, le « Keller’s Club ». Que de bons moments avaient-ils passés là ! Cependant, ce que Steve ignorait, c’est que Paul continuait à fréquenter les salons privés de ce club, spécialement depuis qu’il avait changé de propriétaires voilà 3 ans maintenant et était devenu un des hauts lieux coquins (et même plus que ça...) de la nuit parisienne.

Un coup d’œil à sa montre l’extirpa de ses rêveries et l’encouragea à se préparer. Il ne lui restait qu’une vingtaine de minutes pour rejoindre Steve.

Il attrapa ses clés et son portefeuille. Il remarqua sans y prêter une grande attention que son portefeuille n’était pas rangé à sa place habituelle. Il mit cette incohérence sur le compte de son empressement à se déshabiller de la veille...

Il sortit de chez lui, claqua la porte et partit rejoindre son ami qui apparemment s’était fourré « dans une belle merde ».

4 commentaires mercredi 30 mai 2007

Le texte manuscrit était écrit dans la même langue que le tatouage de la jeune inconnue. Steve ne reconnaissait pas l'alphabet utilisé. Il avait d'abord pensé à du russe mais ses maigres connaissances du cyrillique l'en dissuadaient maintenant. Non, assurément, il devait s'agir d'un langage imaginaire ou d’un code secret inventé par l'auteur de ce texte. La centaine de feuilles qu’il avait sortie du sac en était recouverte recto verso. Les lettres resserrées à l'extrême et l'encre rouge sang utilisée conféraient à l'ensemble un caractère si malsain et si morbide que Steve ne pût s'empêcher de réprimer un renvoi de dégoût.

Une sueur froide dégoulina le long de son dos...

Steve parcourut malgré tout l’ensemble des feuillets. Il aperçut à de nombreuses reprises son nom et son prénom, mais ce fût les seuls caractères qu'il parvint à décrypter.

Il posa maladroitement les feuilles sur sa table et s’aperçut alors qu’il tremblait comme une feuille. Il se força à respirer profondément pour se calmer puis reporta son attention sur le sac.

Celui-ci contenait une épaisse liasse de photos et une clé USB. N’ayant pas d’ordinateur (Steve était loin d’être sur la vague en informatique...), il se concentra sur les photos. Il apparaissait sur chacune d’entre elles et dans des positions parfois peu avouables. Elles avaient toutes été prises « à l’insu de son plein gré » et à des périodes très différentes de sa vie : on le trouvait par exemple cravate autour de la tête au bras d’une ravissante créature lors d’une soirée visiblement très arrosée ou bien jouant au foot avec ses potes alors qu’il ne devait avoir qu’une quinzaine d’années...

Toutes ces photos le plongèrent dans un profond malaise. Il était consterné...

Il avait donc été suivi, espionné toutes ces années sans qu’il ne s’aperçoive de rien. Mais pourquoi lui ? Steve ne comprenait absolument rien à ce qui se passait depuis son réveil. Il s’attendait à se réveiller à tout instant, mais ce réveil tardait un peu trop à son goût...

Des coups frappés à la porte l’extirpèrent de ses pensées : « Police, ouvrez s’il vous plaît !! »

Steve remarqua alors qu’il portait toujours le peignoir de son ex et ses vieilles charentaises. Il s’en débarrassa rapidement et enfila un jeans et un de ses habituels tee-shirts publicitaires. Il fourra la clé USB dans la poche arrière de son pantalon et déposa au fond du sac textes et photos. Il le referma prestement, le jeta dans sa penderie et alla ouvrir aux flics...

.