Bienvenue

A la manière des cadavres-exquis, tout en usant de règles adaptées à notre convenance, nous tentons d'écrire ici une histoire à la fois anonyme et multi-voix.

Impossible de vous en faire un résumé, et pour cause...

... nous même ne savons pas tout ceci va nous mener !

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3 commentaires jeudi 24 septembre 2020

Igor Sarkosky s’approcha de Steve et lui caressa doucement la joue sans un mot. Il lui fit signe de ne rien dire et d’entrer dans la pièce où la lecture du testament se déroulait. Tandis que Steve ouvrait la porte, le notaire poursuivait son monologue :

« Conformément à la volonté de Nikolaï Sarkosky une nouvelle fois, en l’absence d’Igor Sarkosky, officiellement décédé, je vais donc vous lire les lignes du testament correspondant à ce cas de figure. » Le notaire s’interrompit pour accueillir Steve :

« Mr Keller, bienvenue. Votre présence ne change rien à ce que je viens de dire, et à ce que je m’apprête à dire. Venez donc vous installer ici. » dit-il en indiquant la place libre à côté de John Keller. Steve obéit, sans un regard vers les autres. Il n’était pas bien sûr de comprendre ce qui était en train de se passer mais il était sûr que le dénouement était pour bientôt. Et effectivement, ce que le notaire dévoilait petit à petit lui permit de reconstituer le puzzle dans son ensemble.

Nikolaï Sarkosky, son grand père, était à la fois le père de son père biologique, et le père de sa mère adoptive. Il était riche, mais aussi tout à fait farfelu. En plus d’avoir caché sa fortune à sa famille, il avait rédigé un testament inhabituel : si un seul de ses enfants se trouvaient en vie 50 ans après sa mort, alors celui-ci devait choisir lequel de ses propres enfants toucheraient la totalité de l’héritage. Le notaire notant que seule Suelen était en vie à ce jour, c’était à elle de choisir qui de Sally ou Steve allait hériter. Voilà donc la clé de toute l’énigme. Nul doute que la mafia russe avait eu vent de cette clause, et qu’une guerre secrète s’était engagée entre John et Vlad pour tenter de récupérer la fortune du vieux Nikolaï. Vlad avait fait une fille à Suellen, tandis que John avait réussi à faire de celle-ci sa femme et la mère adoptive de son propre neveu, Steve lui-même, abandonné dans des circonstances inexpliquées mais que Steve savait reliées à tout cela. Les deux mafieux espéraient ainsi être lié à l’héritier au bon moment : Vlad via Sally, John via Steve. Ils avaient ensuite œuvré pour que l’autre perde cette bataille. Vlad faisant surveiller Steve par Paul pour le supprimer lorsqu’il le pourrait, ce qui avait failli se produire le matin même, et John protégeant Steve tout en essayant de tuer Sally, ce qui avait failli également se produire le matin même, sans la protection active de Vlad. Un vrai méli-mélo, mais qui avait du sens finalement. Au passage, évidemment, il fallait qu’Igor disparaisse. La perversité de Vlad avait été de le faire tabasser à mort par son propre fils, sous l’emprise de drogues puissantes administrées par son meilleur ami…

Steve n’était pas le seul à comprendre petit à petit le lien entre les événements de ces derniers jours et l’ensemble de sa vie. Suelen et Sally aussi faisaient les mêmes liens. Et Suelen comprenait que la fin de cette histoire allait reposer intégralement sur ses épaules. Et en effet, le notaire poursuivait :

« Ma chère Mme Selena Sarkosky, c’est donc à vous qu’il incombe de donner sens à cet héritage, en choisissant lequel de vos descendants, Mr Steve Keller ou Mme Sally Viora, aura la chance d’hériter des 6,5 millions de dollars US de Mr Nikolaï Sarkosky ». A l’évocation de cette somme, un silence pesant se fit dans la salle, chacun se figurant enfin l’enjeu de toutes les bassesses et perfidies réalisées par l’ensemble des protagonistes de cette sombre histoire ces dernières années. Suellen, évidemment, ne pouvait faire son choix. Steve et Sally restaient silencieux, complètement dépassés par les événements. Vlad et John, conscients qu’ils étaient arrivés tous deux au point d’orgue des plans qu’ils avaient chacun échafaudés, essayaient tour à tour de convaincre Suelen de confier l’héritage à leur poulain respectif. Le ton montait peu à peu. Lorsque Vlad sortit son Makarov, John sortit son Magnum, et leurs hommes de main commencèrent à vouloir s’en prendre les uns aux autres également. Dans un geste théâtral, le notaire claqua alors des doigts, et les 10 hommes en costard qui l’accompagnaient sortirent simultanément un pistolet semi-automatique. Chacun mis en joue l’un des « invités » présents dans la salle, et le dernier type en short et marcel se chargea de récupérer les armes de Vlad, John et de leurs hommes de main, en exécutant une drôle de danse, les bras battants au-dessus de sa tête… 

« Ce brave Nikolaï avait tout prévu, encore une fois. Reprenons calmement s’il vous plait » lâcha le notaire, qui n’avait pas bougé d’un pouce.

Mais avant que la discussion ne reprenne, la porte du fond s’ouvrit sur Igor, et une clameur s’éleva dans la salle.

« Monsieur Igor Sarkosky, quelle surprise ! » ajouta le notaire.

« - J’avais cru comprendre que vous n’étiez plus de ce monde. Il faut croire que certains fonctionnaires de l’administration civile russe n’ont finalement pas été assez dédommagés.

-          Igor, fils de chien, je te croyais mort et enterré. S’exclama Vlad.

-          Il faut croire que Steve n’a pas eu la main assez lourde » grommela John comme pour lui-même.

Le notaire fit un signe discret au type en marcel et en short qui approcha une chaise pour compléter le premier rang. Ils étaient désormais 6 héritiers potentiels.

« Bien, continua-t-il imperturbable. Nous changeons donc finalement de cas de figure et je vais donc vous lire la partie du testament de Mr Nikolaï Sarkosky devant être lue en présence de ses deux enfants, Selena et Igor. » Il décacheta une nouvelle enveloppe, et s’éclaircit la voix :

« Au cas où mes deux enfants seraient encore en vie 50 ans après ma mort, je souhaite que mon argent soit intégralement reversé à une association à but humanitaire œuvrant en Afrique de l’ouest, tirée au hasard parmi les associations officiellement répertoriées en France ».

Le notaire souriait. Il était probablement le seul dans la pièce à apprécier en cet instant le côté éminemment farfelu de Nikolaï Sarkosky…

 

Quelques mois plus tard sur le plateau d’une émission de télé locale.

« Mon cher Basile, cet entretien arrive donc à son terme. Une dernière question à propos de l’avenir. Rappelons à nos téléspectateurs que votre association Kokoro For Ever, dont vous nous parlez depuis 35 mn maintenant, a reçu récemment plusieurs millions de dollars d’un mystérieux donateur resté anonyme. Une question nous brûle donc les lèvres : Qu’allez-vous faire de tout cet argent ? Vous avez un projet ?

-          Heu, je ne sais pas encore, bredouilla l’invité ». Il prit son temps pour formuler les 4 mots qui allaient clore à tout jamais cette histoire : « Peut-être le miel. »






11 commentaires mercredi 5 septembre 2007

"… sauvegarder votre message, taper 3, réécouter, taper …" Steve était toujours pendu au téléphone : la miss qui gérait sa messagerie lui répétait pour la huitième fois, avec une patience insupportable, tout ce qu'il pouvait faire de l'étrange message qu'il venait d'écouter. Son cerveau tournait à 100 à l'heure, tentant désespérément d'assembler les pièces du puzzle. "Cette fille m'a laissé un message cette nuit pour me prévenir de ne pas lui faire confiance et de ne pas lui ouvrir ma porte. Ce matin elle arrive chez moi, sonne, me montre son espèce de foutu tatouage, me file un sac rempli de conneries et court se jeter dans le vide… Quelque chose cloche, elle ne pouvait pas être dans son état normal ce matin… Elle devait être droguée… Et elle l'avait prévu…" Les maigres conclusions qu'il tirait de tout ça ne pouvaient pas le satisfaire. Il raccrocha finalement et quitta le Sambabar, non sans jeter un coup d'œil incrédule à la faune joyeuse qui avait envahi le bar sans qu'il s'en aperçoive. Une fois dehors, il se dirigea tranquillement vers la bouche de métro la plus proche, direction : Alesia. Perdu dans ses pensées, Steve était à mille lieues de se douter que son destin se jouait au même moment, en divers endroits de la capitale…

Au volant de sa décapotable noire, quelque part dans le XVIIIème, Sergueï était toujours en communication avec Vladimir :
- Ça y est, j'ai récupéré ta fille, Vladimir, Elle est saine et sauve. Je te la ramène.

- Спасибо Sergueï. Dire qu'on la surveille depuis bientôt 5 mois… Comment diable ce maudit Brigadier a-t-il pu faire son coup ?
- Impossible à dire pour l'instant. Dès qu'elle se réveille, je te préviens.
- OK. J'appelle Oleg, il a peut-être du nouveau…
До Свидания Sergueï.
-
Увидимся позже.

A quelques rues de là, dans le hall de l'hôpital Bichat, Mizka venait de perdre la troisième manche de Chifoumi qui l'opposait à Moustache. Résignée, elle composa le numéro de John.
- Allô John, c'est Mizka.
- Alors, vous l'avez ?
- C'est-à-dire que… La chambre était vide, nous pensons que…
- Ne pensez pas ! Je me fous de vos explications à la con. Vous êtes deux foutus incapables ! C'est votre deuxième enlèvement raté de la journée, alors que vous avez toute la panoplie de vrais flics sur le dos ! C'est quoi le problème ?
- Mais chef, c'est que …
- Je m'en fous j'te dis ! Vous cherchez des engueulades à qui mieux mieux, ou quoi ? Y'a une compèt' en cours ? Retrouvez la, il me la faut avant ce soir !

John bouillait de rage. Il s'ouvrit un second Chum Up®, tant pis pour ses intestins. Il composa un autre numéro.

Dans l'audi A6 qui venait de quitter la rue Daviel, le téléphone sonna. L'homme aux cheveux rouges décrocha.
- Allô, le rouquin ? Baisse ta foutue musique de fillette. T'es toujours dans ta bagnole de beauf' ? T'as récupéré le sac ?
Le rouquin baissa le volume. Bob Dylan, Blowin' in the Wind. Il répondit avec son flegme habituel :
- Salut John. J'ai raté le sac. Mais j'ai du nouveau. Ce bon vieux Paulo fricote encore avec ton ex-femme. Ils étaient à l'appart. Et le vieux Oleg aussi. Lui, je l'ai pas raté.

- Bon. Tant pis pour le sac. Continue comme prévu, je m'occupe du reste. Ciao.

Dans la rue de la Santé, la saxo verdâtre de Paul poursuivait sa route. Un silence oppressant occupait l'habitacle. Les questions se succédaient dans la tête de Suelen. "Pourquoi Paul avait-il abandonné Oleg sans plus de scrupules ? Pourquoi s'était-il montré réticent à ce qu'elle l'accompagne ? Pourquoi semblait-il si nerveux, lui qui d'habitude était toujours si sûr de lui ?" Suelen ne comprenait pas grand-chose à cette histoire. Mais ce dont elle était sûre, c'est que celui qui était devenu son confident en l'espace de quelques mois lui cachait quelque chose…
Paul, de son côté, était également tracassé. Pas à cause de l'accident auquel il venait d'assister. Non, plutôt à cause de cette photo qu'il avait trouvée dans son portefeuille. Oh, ce n'était pas la photo en elle-même qui l'inquiétait, il se souvenait parfaitement du moment où elle avait été prise. Ce qui l'ennuyait d'abord, c'était de ne pas savoir qui l'avait prise. Mais par-dessus tout, ce qui le perturbait, c'était le mot qui avait été noté au dos, et qu'il avait réussi à dissimuler à Steve.
Увидимся позже. Évidemment, il était largement en mesure de le comprendre.

S'approchant d'Alesia, et ignorant tout de ce qui se tramait dans son dos, Steve était également à mille lieues de se douter que "l'Affaire Keller" avait commencé plusieurs mois auparavant…

4ème arrondissement, 5 mois plus tôt :

Dès la première sonnerie, Vladimir interrompit son récit. Il se dirigea vers le téléphone, et sans aucune appréhension, il décrocha.

15 commentaires dimanche 15 juillet 2007

Sally est morte... Ces trois mots résonnaient dans sa tête et Suelen perdait pied lentement... Elle savait qu'elle ne devait pas sombrer. Dans son état, ça pouvait être fatal... Inconsciemment, elle se raccrocha donc à la seule chose qui pouvait la garder en vie. "Steve a de gros ennuis" avait dit Paul. Elle aimait profondément son fils adoptif. Et si elle n'avait rien fait pour renouer le contact avec lui depuis bientôt six ans, c'était juste parce qu'elle avait investi toute son énergie dans la recherche de Sally... "Steve a de gros ennuis". Se ressaisissant, elle attrapa son portable et composa le numéro de Steve. Les sonneries se succédaient. A l'écran, Les 4 amies commençaient leur traditionnelle partie de poker. Elle raccrocha avant d'être invitée à laisser un message. Cela ne lui semblait pas être le meilleur moyen de reprendre contact avec son fils adoptif...

Ce qu'avait dit Paul commençait tout juste à prendre corps dans son esprit. Il avait parlé d'un sac et d'un rendez vous à Alesia. Machinalement, elle tendit le bras vers la table basse et attrapa la feuille de papier photocopiée pliée en deux sous la télécommande :"SK - RDV dimanche 26 mai 21 H. N'oubliez pas le sac"... Ce message, qu'elle avait trouvé le matin même dans sa boîte aux lettres et qui l'invitait à se rendre ce soir à Alésia, était toujours aussi incompréhensible. Qui voulait la voir ? Pourquoi là-bas ? Très peu de gens savaient l'importance de cet endroit pour elle... Et de quel sac parlait-on ? A midi, elle était passée à Alesia. Malgré le beau temps, elle avait mis son imperméable sombre, pour ne pas être reconnue, au cas où. Tout lui avait paru normal, et les quelques prêtres à qui elle avait parlé lui avait semblé tout à fait catholiques... Jusqu'à il y a quelques instants, elle s'attendait à une blague, ou une surprise. Désormais, elle était plus qu'inquiète. Sally était morte, Steve menacé. Et ce sac, que contenait-il ? Paul ne lui en avait rien dit... Elle se remémorait maintenant les derniers mots de sa conversation avec Paul. Complètement bouleversée qu'elle était, elle n'avait pas songé à lui parler de sa propre invitation. Et lui, il lui avait expressément demandé de ne pas bouger de chez elle aujourd'hui. Il lui avait dit de ne rien faire pour aider Steve ; il s'occupait de tout. Tout à l'heure elle avait acquiescé, mais maintenant elle ne se sentait pas capable de rester chez elle à ne rien faire, aussi drôle que puisse être Bree Vandekamp. Elle se souvint que Paul devait aller chercher la voiture de Steve avant de revenir chercher le sac à son appart. Elle habitait porte de Clignancourt. En métro, elle pouvait donc y être elle aussi en moins d'une heure, à peu près le temps qu'il faudrait à Paul pour faire son tour... Elle éteignit la télé, laissant Bree à ses invités, et quitta précipitamment son pavillon...


Après que Paul soit sorti du bar, Steve fit ce qu'il aurait probablement dû faire depuis longtemps : il demanda à la serveuse où il pouvait trouver un téléphone, et une fois dans la cabine, il composa son propre numéro de portable. Il venait de se souvenir qu'en pressant la touche dièse pendant son annonce de répondeur, et à condition de connaître le code approprié, il était possible d'écouter les messages qui y étaient stockés. Dans son cas, le code était facile, c'était toujours sa date d'anniversaire : 2204 (la fameuse formule 2+2=4 lui permettait d'ailleurs de se souvenir de ce sésame en toutes circonstances, mêmes les plus alcoolisées...).

"Vous avez 1 nouveau message". Coup de chance : les abrutis de la camionnette n'avait pas effacé le message. Steve allait enfin savoir ce qui avait tant fait rire la femme. "Dimanche 26 mai, 4H40. Tuuuuuuut. Allo, Steve Keller, je m'appelle Sally. On ne se connait pas, mais nous somme pourtant très proches. J'ai très peu de temps. Deux choses : Un, ne faites confiance à personne. Deux, ne m'ouvrez pas si je sonne. Clic."

10 commentaires lundi 4 juin 2007

Dans le premier dossier, il retrouva en format numérique les photos qu'il avait déjà trouvées dans le sac. Il les parcourut rapidement. C'était bien les mêmes. Elles semblaient y être toutes. Y compris celle qui l'avait tant choqué. Il n'en revenait toujours pas : jusqu'à ce matin, il pensait vraiment que cette partie de sa vie n'était plus qu'un lointain et mauvais souvenir…

Dans le deuxième dossier, il retrouva le texte qu'il avait tenu en main le matin même. Cette fois-ci il était dactylographié. Quelqu'un avait donc recopié l'exemplaire manuscrit qui se trouvait dans le sac. Steve n'était certes pas un geek, mais il savait cependant qu'un ordinateur connecté à Internet pouvait lui apprendre beaucoup sur la langue dont le manuscrit était fait. Il ne savait pas exactement comment traduire un texte de plusieurs pages, mais il pouvait toujours tenter un google translate sur une phrase prise au hasard. Il saurait au moins si c'était une langue répertoriée, ou un code. "Tiens, prenons la première phrase, par exemple…"

Lumière. Contrairement à ce qu'il s'était bêtement imaginé quelques heures plus tôt, ce n'était pas un code secret... C'était du Russe. Et d'après la piètre traduction du moteur de recherche, ça signifiait "Copie du rapport intérieur à la raison de la surveillance du sujet homme SK"… Malgré son mal de tête tenace, Steve comprit instantanément que ce texte était tout bonnement un relevé de ses faits et gestes ces derniers temps. Et à en croire les photos, ces derniers temps remontaient à plusieurs années… "Qu'est ce c'est que ce cirque ?… A l'occase, faudra bien que je traduise tout ça comme il faut !" se surprit-il à marmonner tout haut. De fait, il se sentait étonnement serein au regard de l'absurdité de la situation. "Voyons la suite".

Le troisième dossier était moins volumineux : il contenait seulement la copie d'un plan mappy, avec une note : "SK - RDV dimanche 26 mai 21 H. N'oubliez pas le sac". Une flèche partait du texte et aboutissait à un point précis du plan. Machinalement, Steve tata les poches de son jeans à la recherche de son portable : il n'avait aucune idée de l'heure qu'il était.

"Mon portable ! Les fêlés de la camionnette l'ont gardé !". Il songea alors que le message qu'il n'avait pas écouté avait peut-être un rapport avec tout ça. Il songea qu'à l'occasion il devrait trouver un moyen de l'écouter. Puis il songea que tout ça était absurde et qu'il allait certainement se réveiller, ou apercevoir Marcel Bélivot dans un coin du Cybercafé. Son esprit commençait de nouveau à s'embrouiller. Il songea alors à prévenir la police. Mais depuis que le "policier-charcutier" lui était tombé sur le râble, il ne savait pas précisément dans quel camp la police était. Il songea d'ailleurs qu'il ne savait pas vraiment dans quel camp il était lui-même.

L'ordinateur indiquait 10H40. Ça lui laissait du temps. Mais d'abord, il lui fallait récupérer le sac. Il imprima rapidement le plan, et fourra la clé USB dans la poche arrière de son jeans. Dans un éphémère instant de lucidité, il songea, enfin, que certains réflexes commençaient à lui revenir.

4 commentaires vendredi 25 mai 2007

Boum, Boum, Boum…

Wouawww… Steve se redressa d'un coup dans sont lit. Réveillé en sursaut.

Boum, Boum, Boum…

"Il veut défoncer la porte celui-là ou quoi ?" songea-t-il en tournant la tête vers l'autre côté du lit. Apparemment, il était rentré seul cette nuit, tard, mais seul. C'était déjà ça. Le concert de la veille bourdonnait encore à ses oreilles.

Boum, Boum, Boum…

Il tourna la tête vers son réveil : 6H54. Depuis deux ans qu'il habitait ce studio dans le 13ème, il ne se souvenait pas d'un autre jour ou quelqu'un avait frappé à sa porte avant 14 h. Si on pouvait appeler ça "frapper". Cogner, plutôt, ou même défoncer à coup de massue, ça, ça collait mieux…

Boum, Boum, Boum…

Décidément, celui qui était derrière la porte semblait vraiment décidé à lui gâcher son réveil. "Ouais, ouais, j'arrive. Doucement !".

En se levant péniblement, Steve sentait confusément que cette journée était spéciale. Pourtant, rien dans les jours précédents n'aurait pu objectivement lui faire prévoir ce qui allait suivre.

En allant vers la porte, il jeta un coup d'œil à son portable : 1 message et la date d'aujourd'hui : Vendredi 25 mai. "Tiens, c'est l'anniversaire de ma mère, …" se dit-il en enfilant la robe de chambre rose de sa dernière conquête, vestige témoignant du départ précipité de cette dernière il y a déjà 1 mois. Le temps de jeter un regard au miroir : "Y'a pas à dire, elle avait du style", et de mettre les pieds dans ses charentaises bleues-écossais, il avait la main sur la poignée de la porte.

Il ouvrit…


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